MÉTHODE AGILE : QUELS BÉNÉFICES POUR VOTRE GESTION DE PROJET ?

Lorsque l’on s’intéresse aux différentes méthodes de gestion de projet, on entend très vite parler des méthodes de développement dites « agiles », particulièrement répandues pour le développement de logiciels ou d’applications.

Ces méthodes sont nées des limites des approches traditionnelles de la gestion de projet, exigeant du client une vision détaillée et validée de son besoin dès le début de projet, au risque de créer un décalage entre le produit réalisée et le besoin réel de ce dernier.

Cette place centrale accordée aux méthodes agiles s’explique par les mutations profondes que connait le monde de l’entreprise : transformation digitale, numérisation, accélération des échanges, mobilité accrue des ressources, focus mis sur l’innovation. Cette évolution constante explique le focus mis par les organisations sur l’adaptabilité et l’agilité, qui sont désormais vues comme indispensables à la pérennité de ces dernières.

 

Tout comprendre aux méthodes agiles

Qu’est-ce qu’une méthode agile ?

Apparues aux débuts des années 2000, la méthode Agile peut être résumée comme une approche itérative et collaborative, capable de prendre en compte les besoins initiaux du client et ceux liés aux évolutions de ses attentes. Dans l’approche agile, le résultat visé n’est plus seulement achever le projet, mais bien de donner naissance à un produit fini (parfois différent des attentes initialement spécifiées) et correspondant parfaitement aux besoins du client.

 Elle inclût également le client final et l’utilisateur comme de véritables membres de l’équipe projet : ils feront ainsi partie intégrante du projet et y participeront de façon active. Le client peut alors se rendre compte du travail réalisé par l’équipe et prioriser ses besoins, tandis que l’utilisateur final pourra se projeter dans son futur usage du produit et émettre des feedbacks très précieux pour l’équipe de développement. En d’autres mots, elle sert à délivrer plus rapidement et à apporter au plus tôt de la valeur au client.

La méthode agile regroupe de nombreuses méthodes, dont les plus connus sont « RAD » (Développement d’Application Rapide), XP (eXtreme Programming) et Scrum.

Comment fonctionne la méthode agile ?

Partant du constat qu’il est le plus souvent contre-productif de chercher à planifier et spécifier la moindre fonctionnalité d’un produit avant d’en entamer le développement, un projet agile sera organisé en cycle de développement incrémentaux successifs. Cette approche consiste ainsi à proposer au client une version minimale et fonctionnelle du logiciel, avant d’y intégrer progressivement des fonctionnalités supplémentaires par processus itératif.

Le postulat de la méthode agile est que le besoin du client ne peut être figé et qu’il va au contraire très vraisemblablement évoluer dans le temps. Cette flexibilité permettant ainsi de répondre aux différents aléas marquant le cours de tout projet, tout en laissant de la place au changement. Par exemple, le client peut décider d’abandonner une fonctionnalité, pourtant initialement spécifiée, car il estime au final que son marché n’est pas prêt pour cette dernière.

 

Pourquoi mettre en place une méthode agile ?

La méthode agile se distingue des autres méthodes de gestion de projet par 2 caractéristiques principales :

  • Des cycles de réalisation courts pour conserver la motivation des équipes : au lieu de fixer des objectifs lointains, l’idée est de procéder par étapes et de fixer des objectifs à court-terme : dès que l’un d’entre eux est atteint, l’équipe peut alors se pencher sur le suivant. C’est par exemple le cas dans la méthode Scrum, où le projet est découpé en sprint durant lesquels l’équipe de développement développe de nouvelles fonctionnalités, qu’elle présente ensuite lors d’une revue de sprint. Procéder ainsi par itération successive permet de maintenir la mobilisation et la motivation des équipes et de faire ressortir de façon régulière l’avancement du projet.
  • L’intégration du client au sein de l’équipe projet pour réduire le time-to-market : comme le client voit concrètement l’évolution du projet après chaque itération, il lui est beaucoup plus facile de prioriser ses besoins (ajouter une fonctionnalité supplémentaire en échange du retrait d’une autre) et d’éviter de développer des fonctionnalités qui ne serviront jamais. Il participe ainsi à l’ensemble des points de pilotage (les « revues de sprint » dans la méthode Scrum par exemple) égrenés de façon régulière tout au long du projet. L’objectif : obtenir son feedback de façon régulière afin de faire ressortir changements et correctifs nécessaires, tout en anticipant le périmètre des prochaines itérations de travail.

 

En agissant de la sorte, la méthode agile met toutes les chances du côté de l’équipe projet et assure que ses membres seront à même de délivrer un produit (ou un service) véritablement conforme aux attentes du client.

Quels sont les risques que la méthode agile permet d’éviter ?

Lorsqu’elle a été développée, la méthode agile a été pensée pour limiter différents risques pesant habituellement lourdement sur la gestion de projet :

  • Mauvaise prédiction des délais : le découpage du projet en différentes étapes permet un suivi facilité et une plus grande visibilité sur l’avancement du projet pour les managers. Ce découpage offre également une plus grande transparence vis-à-vis du client, ce dernier faisant partie intégrante de l’équipe. La méthode agile exige donc en échange un fort investissement des équipes clients tout au long du process, ce qui permet aux équipes projets d’avancer plus efficacement et en meilleure connaissance de cause. Tous ces éléments facilitent le pilotage et l’affectation des ressources.
  • Non-respect du cahier des charges : dans la version classique de la gestion de projet, le client n’intervient souvent qu’en fin de processus afin de réaliser la recette du livrable qu’on lui a fourni. Or, comme il n’a pas été informé régulièrement des avancées de l’équipe, mais aussi des difficultés qu’elle a rencontrées, il ne dispose pas de toutes les clés pour appréhender avec objectivité le produit réalisé. Il s’agit ici d’un véritable « effet tunnel», qui peut se révéler extrêmement néfaste et conflictuel, le client ne comprenant pas le décalage entre son besoin initial et le livrable final proposé. En impliquant le client le plus tôt possible et en bénéficiant de ses feedbacks réguliers, l’équipe projet se place dans les meilleures conditions pour créer un produit jugé satisfaisant, tout en lui faisant prendre conscience de la complexité du travail des développeur, rendant ainsi ses attentes plus réalistes.
  • Découverte trop tardive de problèmes de conceptions : dans la méthodologie traditionnelle de gestion de projet, la phase de planification a pour rôle de faire ressortir les risques pesant sur un projet et de déterminer sa faisabilité. En réalité, il est impossible de prévoir à l’avance l’ensemble des aléas pouvant impacter le déroulé du projet (changement de législation, évolution du besoin client, etc.). En proposant des itérations s’échelonnant rapidement dans le temps, la méthode agile permet aux équipes engagées (et au client) de se rendre très rapidement compte si les exigences initiales pourront être atteintes, ou pas…

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En conclusion, la méthode agile, à la différence des méthodes traditionnelles place le client au cœur des échanges, afin de faciliter le travail des équipes en charge du projet. Bénéficiant de ses retours régulièrement, elles sont alors en mesure de piloter l’avancée du projet avec plus d’efficacité, tout en garantissant une satisfaction accrue. En somme, si la méthode agile ne garantit pas à coup sûr le succès d’un projet, elle permet cependant de prendre conscience d’un risque d’échec bien plus tôt que les autres méthodes de gestion de projet et permet donc d’agir en conséquence.